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  • 2016

    septembre

    PEN Club, stylos brise-chaînes
    Le 22 septembre 2016
    Sous la Présidence de Jean Jauniaux, le PEN Club Belgique recentre ses activités sur deux axes prioritaires : la promotion de la littérature et la défense du droit à la liberté d’expression. Nouveau (...)

    Nouveau souffle

    En 1921, à Londres, naissait le PEN Club, organisation destinée à promouvoir la littérature et à défendre la liberté d’expression des auteurs (au sens large). Un an plus tard, en 1922, se créait le Pen Club Belgique, l’un des premiers centres nationaux avec les USA et la France. Présidé jusqu’en 2015 par Huguette de Broqueville, il avait fini par paraître désuet à certains.

    Repris en 2015 par Jean Jauniaux, l’actuel Président, le PEN se recentre sur ses objectifs premiers. Il défend la littérature et ceux qui la pratiquent particulièrement les auteurs menacés dans leur liberté d’expression, par la censure, la prison, voir pire.

    Cette nouvelle orientation, accompagnée par l’organisation de conférences et d’événements littéraires, s’est traduite par de nombreuses adhésions qui dessinent une cartographie plurielle de la scène littéraire belge contemporaine. Tom Lannoye, Corinne Hoex, Isabelle Wéry, pour ne citer qu’eux, en sont aujourd’hui membres.

    Actions politiques

    Les Actions "politiques" de PEN, fondamentales, ont soutenu en 2016 Ashraf Fayad, poète palestinien condamné en Arabie Saoudite à 800 coups de fouet et à la peine de mort - convertie en 8 ans de prison - pour apostasie. Ashraf Fayad a été proposé pour le Prix Nobel de Littérature, et le PEN a, en collaboration avec son homologue flamand, publié 16 poèmes de 50 mots symbolisant les 800 coups de fouet de sa condamnation, des actions symboliques répercutées auprès des ambassades et assorties de courriers de membres.

    PEN Club a fait membre d’honneur en 2016 deux poétesses et une journaliste : Mahvash Sabet (poétesse, Iran), Narges Mohammadi (journaliste, Iran) et Fatima Naoot (poétesse, Égypte), toutes trois emprisonnées. Sa mobilisation pour Asli Erdogan s’est insérée dans le mouvement international en faveur de l’écrivain turque, emprisonnée à Istanbul depuis le 19 août.

    Adhérer au PEN, accueilli dans les locaux de la Maison des Auteurs, rue du Prince Royal, 87 à 1050 Bruxelles, c’est défendre des voix, des corps, une parole libre. Pour se tenir au courant de son activité, il suffit de liker sa page Facebook.

    Liens utiles

  • Atelier Grand Nord 2017 : appel à candidatures
    Le 22 septembre 2016
    Projet unique de rencontres sur la scénarisation de longs métrages de fiction de langue française et premier événement à réunir autant de partenaires de pays francophones, Atelier Grand Nord rassemble (...)

    Atelier Grand Nord

    Les objectifs

    Atelier Grand Nord offre une occasion privilégiée de discussion autour de quatorze scénarios de long métrage de fiction en français. Cette rencontre apporte une vision nouvelle sur le travail d’écriture encore à faire sur les scénarios. Des échanges entre auteurs professionnels de différents pays francophones permettent d’exprimer des idées et des points de vue, de partager des intentions et des différences culturelles. À long terme, l’Atelier crée des liens dans le but de travailler ensemble sur des productions ou coproductions futures.

    Les Partenaires

    L’Atelier Grand Nord est un partenariat privé – public initié et organisé par la SODEC. En Belgique, il est soutenu par la SACD Belgique qui prend en charge le séjour du consultant belge et Wallonie-Bruxelles International qui prend en charge les voyages des scénaristes et du consultant et le séjour des scénaristes. Les autres partenaires sont la SACD France et le CNC ; FOCAL et la SSA ; le Luxemburg Film Fund ; la SACD Canada, les distributeurs québécois, téléfilm canada et le Fonds Harold Greenberg.

    Le déroulement

    L’Atelier se déroulera du 25 janvier au 5 février 2017, dans la région de l’Outaouais, à moins de deux heures de Montréal au Québec. Durant une semaine, scénaristes et consultants se pencheront sur un sujet unique : le scénario. Les discussions souligneront les qualités, les faiblesses et les modifications à apporter à chacun des scénarios pour favoriser une réécriture structurée.
    Un horaire préétabli permet des rencontres individuelles entre consultants et scénaristes ainsi que des discussions collectives. Chaque scénariste rencontre individuellement trois consultants de nationalités différentes de la sienne. Les scénaristes travailleront en vase clos tout en profitant de moments de détente en pleine nature.

    Les participants

    L’Atelier accueillera un maximum de 14 scénaristes et 7 consultants. La répartition par pays est la suivante : Belgique : 2 scénaristes et 1 consultant, France : 4 scénaristes et 2 consultants, Luxembourg : 1 scénariste et 1 consultant, Suisse : 2 scénaristes et 1 consultant, Afrique francophone : 1 scénariste et pour le Québec : 4 scénaristes et 2 consultants.

    Comment participer

    Admissibilité

    L’atelier est réservé aux scénaristes et aux scénaristes-réalisateurs. Les projets doivent être soumis par des individus et non par des entreprises. Toutefois, une option sur le scénario doit avoir été prise par un producteur associé à une société de production de la fédération Wallonie-Bruxelles. À des fins d’harmonisation entre les partenaires, le scénario soumis sera, au minimum, à l’étape intermédiaire (deuxième version). Un candidat ne peut déposer qu’un seul projet. Dans le cas d’une coscénarisation, un seul auteur sera admissible. Un candidat ne peut participer qu’une seule fois à l’Atelier Grand Nord. Le projet soumis doit être un long métrage de fiction écrit en version originale française. Les scénarios de long métrage d’animation et d’adaptation littéraire sont acceptés.

    Conditions de participation

    - une première version du scénario est achevée ;
    - le projet fait l’objet d’un contrat de production avec une maison de production de la fédération Wallonie-Bruxelles ;
    - le scénariste doit être membre d’une société d’auteur partenaire du projet.

    Composition du dossier

    - le formulaire d’inscription ;
    - une lettre de motivation ;
    - un synopsis (maximum une page) ;
    - une continuité dialoguée du scénario ;
    - une note d’intentions et une proposition de réécriture ;
    - la situation du projet au moment de la demande (aides reçues, stade de production, accords de co-production…)
    - un curriculum vitæ ;

    Envoi des dossiers

    Les dossiers doivent être envoyés pour le 30 octobre au plus tard :
    - 3 exemplaires papier à faire parvenir à la SACD – Maison des Auteurs – Rue du Prince Royal, 87 à 1050 Bruxelles ;
    - 1 exemplaire en PDF à envoyer par mail à actionculturelle sacd.be.

    Sélection

    Les projets soumis seront sélectionnés par un comité de lecture formé de professionnels du cinéma.

    Pour toute question, merci de vous adresser au service d’Action culturelle.

    Documents à télécharger

  • Les Unes Fois d’un Soir reviennent
    Le 7 septembre 2016
    Les Une Fois d’un Soir reviennent ! Après une éclipse momentanée, le festival des Arts de la Rue aura lieu le 24 septembre à Huy. Nouveaux partenariats, nouvelle ville, l’événement a mûri mais (...)

    Les Unes Fois d’un Soir, festival des Arts de la Rue, est apparu en 1991. Il a connu 15 éditions et 3 villes d’accueil en 25 ans. Aujourd’hui, après une éclipse momentanée, les UFDS s’associe avec Latitude 50* et prend une nouvelle dimension. Tout en gardant la programmation diversifiée et sans concessions qui est sa marque de fabrique. Luc de Groeve évoque les changements qui donnent au festival une nouvelle force.

    Les Unes Fois d’un Soir reviennent. Une sorte de miracle ?

    LdG : Oui, on peut parler de ça. Le festival a failli disparaître définitivement. Les spécificités de cet événement le rendent très fragile, à savoir la gratuité, l’organisation par une asbl indépendante, l’exigence de programmation, la volonté de s’inscrire réellement dans la ville, etc. Tout cela fait qu’il ne rencontre pas les formats du fonctionnement de la culture en FWB. De plus, un festival de Rue implique beaucoup de partenaires différents : responsables politiques locaux, commerçants, population (même celle qui ne vient pas au festival), secteur associatif… Il faut trouver un terrain commun, faire comprendre que l’on va organiser le désordre l’espace d’une journée mais que tout va bien se passer !

    Est-ce que le festival a changé de formule ?

    LdG : Pas vraiment, même si on ne fait pas les choses de la même manière dans une ville comme Huy ou à Lessines où se situait le festival avant. C’est un autre tissu social et urbain, une autre population, un autre passé. On ne raconte pas la même histoire dans deux villes tellement différentes.

    Qu’apporte le partenariat avec Latitude 50 ?

    LdG : Il a été salutaire. C’est Latitude 50 qui a sauvé les Unes Fois d’un Soir. Le rapprochement entre les deux asbl a du sens car on parle le même langage, on défend un même secteur. L’époque est à la rationalisation et à la mise en commun. Ce n’est pas forcément une contrainte, mais plutôt une force ! C’est également Latitude 50 qui a convaincu les autres partenaires comme le centre culturel et la ville de Huy, qui a osé se lancer dans le projet avec des politiques locaux faisant preuve d’une audace à saluer.

    20 compagnies, ce sont 20 lieux différents dans la ville ?

    LdG : Tout d’abord 20 compagnies c’est une exigence en termes de quantité et de diversité de démarches artistiques à laquelle Les Unes Fois d’un Soir veut répondre.
    Cette année le festival sera très concentré en centre-ville car il faut présenter l’événement au public en espérant qu’il y adhère. Pour la suite, la ville de Huy offre de multiples possibilités : un cloître, une basilique, un château fort, bref de quoi s’amuser !

    Avec la présence de nombreux auteurs SACD et notamment celle de la péniche spectacle Le Ventre de la Baleine, scène d’ouverture et accueil aux artistes du festival.

    * Latitude 50, Pôle Arts du Cirque et de la Rue

  • Construire (ou rebâtir) des ponts
    Le 6 septembre 2016
    Les ministres de la Culture Sven Gatz et Alda Greoli lancent un nouvel appel à projets pour 2017 en vue de stimuler des collaborations culturelles et échanges artistiques entre les deux (...)

    Appel à projets pour construire (ou rebâtir ?) des ponts

    Après le succès du premier appel à projets, lancé dans le cadre de l’Accord de coopération culturelle entre les Communautés française et flamande et grâce auquel 22 organisations ont concrétisé leur initiative commune en 2016, les ministres de la Culture Sven Gatz et Alda Greoli lancent un nouvel appel pour 2017 pour stimuler des collaborations et échanges entre les deux Communautés.

    Les opérateurs culturels qui souhaitent mener un projet en collaboration avec un partenaire de l’autre Communauté peuvent introduire leur proposition jusqu’au 15 octobre 2016. Il peut s’agir de nouvelles collaborations ou de projets qui apportent une plus-value à des collaborations existantes.

    La Plateforme de coopération examinera les projets introduits.

    Profil des porteurs de projet

    L’appel est ouvert au secteur artistique et culturel au sens large : artistes, organisations culturelles, médiateurs, espaces de présentation actifs dans le secteur culturel…

    Les projets culturels numériques sont donc potentiellement recevables. Chaque projet soumis doit compter au moins un partenaire issu de chaque Communauté.

    Le contenu du projet

    La coopération et l’échange entre les deux Communautés doit occuper une place prépondérante dans le projet. Celui-ci qui doit :
    • être porteur d’une activité culturelle élaborée grâce à une coopération entre au moins deux partenaires provenant chacun d’une Communauté et créer une image positive réciproque ;
    • être financé au moins pour moitié par une autre source ;
    • viser une nouvelle coopération entre Communautés ou apporter une valeur ajoutée, clairement identifiable, à une coopération existante
    • inclure, au minimum, un moment public encourageant la participation de membres des deux Communautés. Priorité est donnée à des projets qui mettent en valeur l’originalité et la diversité de la création artistique et culturelle des deux Communautés et qui témoignent :
    • d’une amorce de coopération durable à long terme ;
    • d’une audience dans les deux Communautés ;
    • d’un renforcement des possibilités de coproduction ;
    • de stimulation réciproque de la diffusion de l’offre culturelle d’une Communauté vers l’autre Communauté sur tout le territoire ;
    • du fait d’encourager le développement d’une offre culturelle commune sur une base de coopération et de partenariats.

    Une subvention ponctuelle

    Chaque projet approuvé est soutenu pour un même montant par les deux Communautés.

    Deux niveaux de subvention :

    • l’aide de base : 2 x 2.500 €, soit au total par projet 5.000 €, • l’aide majorée : 2 x 5.000 €, soit au total par projet 10.000 €.

    Chaque initiateur obtient le financement de l’administration de la Communauté dont il relève.

    Calendrier

    Les projets doivent être introduits pour le 15 octobre 2016.

    Comment introduire votre projet ?

    À l’aide du formulaire ci-joint (à compléter en français et en néerlandais).

    Pour en savoir plus :

    Contactez Jean-Philippe Van Aelbrouck
    Tél. +32 2 413 25 13
    Mail : jpva cfwb.be
    Communauté française
    Service général de la Création artistique
    44, boulevard Léopold II
    1080 Bruxelles

    Documents à télécharger

  • La Scam invite 5 auteurs à l’IDFA
    Le 1er septembre 2016
    Partenaire de l’IDFA pour la troisième année consécutive, la Scam invite 5 auteurs (membres) à participer à l’IDFAcademy qui se tiendra du jeudi 17 au dimanche 20 novembre 2016. L’IDFA (International (...)

    L’IDFA (International Documentary Film Festival Amsterdam) a pour vocation de mettre en valeur et de promouvoir le documentaire de création. Véritable plateforme internationale, il accueille chaque année plus de 300 documentaires du monde entier, et offre une grande diversité de rencontres, ateliers et master class. Avec plus de 270 000 billets vendus et plus de 3100 professionnels présents en 2015, l’IDFA est aujourd’hui le 1er festival documentaire au monde et le 1er marché de co-financement européen.

    L’IDFAcademy :

    - 4 jours de formation intensive à l’attention d’auteurs de documentaires sélectionnés dans le monde entier.
    - Un accès privilégié au festival et au marché professionnel.
    - Une opportunité unique de bénéficier de l’expertise de professionnels de haut niveau et d’avoir une maîtrise précise du marché international (pratiques, tendances, réseaux, production, financement…).

    Éligibilité

    - Vous êtes documentariste membre de la Scam.
    - Vous avez 2 films maximum à votre actif (de 20’ à 90’ de préférence), et un projet en cours.
    - Vous avez une expérience sur le plan national mais souhaitez vivement vous développer à l’international.
    - Vous maîtrisez parfaitement l’anglais.

    Dossier

    Le dossier, rédigé en langue anglaise, comprenant un cv, une photo et une courte lettre de motivation, devra être transmis au format PDF (fichier unique, 3 pages maximum) à l’adresse idfa scam.fr, avant le mercredi 14 septembre inclus (toute candidature non conforme à cette demande ne sera pas traitée).
    La sélection finale sera faite en concertation avec l’IDFA début octobre.
    Le séjour est pris en charge par la Scam (accréditation, formation, transport et hébergement).

    Plus d’information : www.idfa.nl/industry/idfacademy.aspx

    Contact > Astrid Lockhart - idfa scam.fr - 0033 1 56 69 64 05

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  • Les Étoiles belges de la Scam
    Le 1er septembre 2016
    Cinq lauréats des Étoiles de la Scam 2016 sont belges ou vivent en Belgique : Manu Bonmariage, Nicolás Rincón Gille, Lydie Wisshaupt-Claudel et le tandem formé par Marianne Lambert et Luc Jabon. (...)

    Le jury, sa philosophie

    Choisir parmi des dizaines d’œuvres trente films lauréats : la tâche du jury des Étoiles de la Scam n’est pas simple. En 2016, le jury, composé de Christian Rouaud (Président), Amalia Escriva, Anne Gintzburger, Thierry de Lestrade et Pauline Horovitz, a tranché : "plutôt que de voter des majorités relatives un peu molles, nous avons fait le choix d’entériner des propositions minoritaires, du moment qu’elles étaient défendues avec ferveur par l’un(e) ou l’autre d’entre-nous."

    On doit donc à la ferveur, couplée à une défense éloquente, quatre œuvres "d’ici" couronnées par une Étoile de la Scam : I don’t belong anywhere - Le cinéma de Chantal Akerman, dont la récompense englobe le tandem formé par Marianne Lambert et Luc Jabon, Killing Time - entre deux fronts de Lydie Wisshaupt-Claudel, Noche Herida (Nuit blessée) de Nicolàs Rincón Gille et Vivre sa mort de Manu Bonmariage.

    En radio, c’est le documentaire d’Aurélia Balboni, Les Mots de ma mère, qui est distingué au titre d’œuvre de l’année.

    Les œuvres

    I don’t belong anywhere - Le cinéma de Chantal Akerman de Marianne Lambert

    Mûri par la complicité, le documentaire de Marianne Lambert sur le cinéma de Chantal Akerman cause un premier choc à l’entente de la voix de la cinéaste, si particulière, presque voilée. Au travers des lieux de ses tournages et de ses vies (I don’t belong anywhere), New York, Bruxelles ou Paris, c’est à la fois à un voyage artistique et à une sorte de testament esthétique que nous convie la cinéaste. La perméabilité de Chantal Akerman, son goût de déjouer les genres (I don’t belong…) mais aussi la relation aigüe (meurtrière, nourricière) qu’elle entretenait avec sa mère, éclairent un parcours errant, une œuvre sensorielle, essentielle par son exigence.
    Découvrir le trailer.

    Killing Time - entre deux fronts de Lydie Wissaupt-Claudel

    Le retour de guerre est pratiquement un genre cinématographique en soi. Mais que se passe-t-il quand il ne s’agit que d’un interlude, un suspens, avant de retourner au front ? Dans Killing Time, Lydie Wissaupt-Claudel suit le quotidien faussement banal de soldats qui évoluent dans un décor aride. Faussement car chaque image est sous-tendue par la mort possible, peut-être imminente, avec le poste radio qui diffuse les noms des disparus en Irak ou en Afghanistan. Très incarné dans le corps de ces jeunes hommes (coiffure, tatouage…), le documentaire atteint par moment une qualité presque métaphysique, soudaine métaphore de nos vies qui enfilent les gestes, oublieux de la fragilité de la trame…
    Découvrir le trailer.

    Noche Herida de Nicolás Rincón Gille

    Fable édifiante du "dossiérisme" (le cinéaste, ayant écrit son film à partir de deux personnages, s’aperçoit à son débarquement en Colombie pour le tournage qu’ils ont tous les deux déménagé ailleurs), Noche Herida nous envoûte par son approche lente, à distance respectueuse, de Blanca, son héroïne - dans le sens de figure centrale et de mère courage.

    "Dès qu’on filme, il y a une construction, un récit," livre Nicolas Rincon-Gille, "et les gens deviennent des personnages, avec ce qu’ils acceptent et ce qu’ils refusent absolument de livrer". Ici sublimés par l’éclairage du cinéaste qui a choisi de travailler à la lumière artificielle avec une balance "jour" pour obtenir une tonalité dorée, ces personnages, Blanca, ses fils, son entourage, nous deviennent familiers, au point qu’on anticipe avec eux le franchissement de cette conduite d’eau blanche, symbole de tous les obstacles qui se dressent jour après jour sur leur chemin.
    Découvrir le trailer.

    Vivre sa mort de Manu Bonmariage

    À ceux qui doutent de posséder un plexus, le film de Manu Bonmariage sur l’euthanasie apportera un démenti formel. Père spirituel de l’émission Strip-Tease, comme il se définit lui-même, le cinéaste suit, caméra à l’épaule, deux hommes souffrant d’un cancer et qui ont décidé de vivre leur mort, c’est-à-dire d’avoir recours à l’euthanasie. L’un des deux, Manu de Coster, sera euthanasié en présence de sa femme, de ses enfants et de Gabriel Ringlet et la caméra sera présente jusqu’à son dernier souffle. Salutaire pour ceux qui désirent se préparer à la seule issue qui n’est pas incertaine, probablement irregardable (et c’est respectable) par un spectateur qui préfère "ne pas y penser", le film de Manu Bonmariage frappe à la poitrine et fait monter les pleurs. Porté à bout de cœur par la dignité des hommes dont il fait le portrait, il étreint au plus près l’humanité.
    Découvrir le trailer

    Les Mots de la ma mère d’Aurélia Balboni

    Les mots de la mère ne nous ont-il pas constitués ? N’est-ce pas dans sa voix que nous avons entendu en premier lieu "cui-si-ne", "fleur", "ca-mion" ? Que se passe-t-il alors quand elle les perd et, avec eux, le sens du monde, de ce qui se fait, ou pas ? La mère d’Aurélia Balboni emprunte une voiture dans le village et la repeint en rouge, car c’est la couleur de la sienne. Le propriétaire ne souhaite pas porter plainte. Alors que la responsable de la maison de retraite où la mère d’Aurélia Balboni, peintre, donnait des cours de dessin ne souhaite plus, par contre, sa présence parmi ses patients. Il s’agit pour les enfants d’accepter, de gérer aussi cette mère indocile, pleine de caractère, qui n’entend pas ses manques et ne souhaite rien abandonner. Induite par Aurélie, qui l’enregistre, son frère, qui s’inquiète, et sa sœur, qui tente parfois de raisonner la mère dans des dialogues presque becketien, une tendresse fait frissonner l’écoute. La vie, ce n’est pas simple.
    Écouter l’œuvre.

    Liens utiles

  • Industry Talk Flandre-Wallonie au Film Festival d’Ostende
    Le 1er septembre 2016
    En partenariat avec la SACD et deAuteurs, le Film Festival d’Ostende (FFO) et le Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) poursuivent leur collaboration cette année. Le 12 (...)

    Le FFO travaille en étroite collaboration avec plusieurs festivals européens, dont le FIFF : chaque année, un film francophone est présenté à Ostende et un film flamand est projeté à Namur. De plus le FFO organise, en collaboration avec deAuteurs et la SACD, les « Industry Talks », des conférences pour donner la parole aux auteurs.

    Ce 12 septembre, les cinéastes Jaco van Dormael et Michaël Roskam évoqueront la coopération entre les deux parties du pays et les possibilités de coproduction belge, mais aussi les différences entre nos deux industries cinématographiques. Dans la soirée, Le Tout nouveau Testament sera projeté.

    Programme de la journée :

    14h-15h30 : « Industry talk » : entretien entre Jaco van Dormael et Michaël R. Roskam
    17h30 : pose de l’étoile de Jaco van Dormael sur la digue d’Ostende
    18h : FFO talkshow avec Jaco van Dormael et Ira Sachs
    20h : projection du Tout nouveau Testament

    Renseignements et inscriptions sur le site du FFO.

  • août

    Gulliver (petit ou grand) : les lauréats 2015
    Le 9 août 2016
    Appel à projet de création radiophonique

    Le jury international chargé de sélectionner les projets retenus dans le cadre de Gulliver s’est réuni cet été 2016 à Bruxelles et a le plaisir d’annoncer la sélection 2015 des lauréats des aides à la création et à la production radiophoniques :

    . Jordan Allard, Don’t Be Evil, fiction
    . Judith Bordas, Traverser les forêts, documentaire
    . Benoit Bories, Une quête, documentaire
    . Seham Boutata, Chasse et élevage du chardonneret en Algérie, documentaire
    . Laure Carrier & Denis Cointe, Les Chants du Barail, documentaire
    . Sylvia Conti, Les fictions d’Anna, fiction
    . Alfredo Diaz Perez & Edith Soonckindt, La ville de la pluie, fiction
    . Caroline Fontana & Hamedine Kane, Le Cinéma ou la vie
    . Benjamin Hennot & Arnaud Van Elewyck, Revival Pansaerien, documentaire et fiction
    . Hélène Laurent Allô, j’écoute… Souvenirs de demoiselles, documentaire et fiction
    . Sarah Lecarpentier & Alexandra Longuet, Ô ma mémoire, fiction
    . Pierre Lorquet, Requiem pour un bon élève, fiction
    . Georges Morère, Dans l’œil de Papanassi, documentaire
    . Nicolas Oudin, Porte voix de la disparition, documentaire
    . Charlotte Rouault, L’Autre peine, documentaire
    . Jenny Saastamoinen (Fr), L’Effondrement, documentaire
    . Xavier Swaenepoël, Jérôme tu peux venir un instant, fiction

    Le jury, qui était composé de représentants de la RTBF, de France Culture, de la RTS et d’auteurs ou réalisateurs belges, français et suisses, a examiné près de 200 dossiers remis par les auteurs et producteurs belges, suisses et français.

    Les auteurs ou producteurs des projets retenus seront reçus et accompagnés par Pascale Tison, productrice de l’émission Par Ouï-Dire à la RTBF. Certains des projets seront accompagnés et co-produits par Irène Omelianenko, productrice de Sur les Docks à France Culture ou David Colin, producteur du Labo sur RTS. Tous les projets sont assurés d’une diffusion dans l’émission Par Ouï-Dire.

    Gulliver (anciennement Du Côté des Ondes) soutient la création et la recherche francophones sur le langage radiophonique à travers un programme d’aide à la création /production d’œuvres radiophoniques. Il est financé par le service de la Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie/Bruxelles, la SACD Belgique, la SACD France, la Scam Belgique, la Scam France, la SSA et Pro Litteris, avec les ressources techniques et logistiques de la RTBF en personnel.

    La prochaine date de remise des dossiers sera annoncée à l’automne 2016.
    Pour toute information : gulliver sacd-scam.be.

  • juillet

    De retour du FID, le Festival international de cinéma de Marseille
    Le 28 juillet 2016
    Billets d’auteurs

    Le FID, quel genre de festival ?

    par Hélène Dereppe

    Contrairement à ce que son intitulé laisse entendre, le FID n’est pas uniquement un festival du film documentaire. Non seulement peut on y voir des fictions mais également des hybrides de genres et autres films expérimentaux, pour la plupart inédits. Grâce à sa reconnaissance mondiale, le FID est devenu une plaque tournante du cinéma alternatif, où se rencontrent chaque année cinéastes et curieux du monde entier, reflétant ainsi l’étendue de sa palette de diversités.

    Cette année, le mistral a soufflé impétueusement sur le FID alors que les événements de Nice secouaient les festivaliers et la France entière. Et si le vent semblait répondre à la tristesse générale, accablante, les films eux, semblaient tisser des liens entre eux laissant pointer à l’horizon un espoir. Comment vivre avec les autres dans leurs différences ? Après tout, nous sommes tous faits de la même chair et des même os. C’est le terrain qu’explore Tamar Hirschfeld, une étudiante du Fresnoy, dans son court-métrage Sheldon, le squelette humaniste.

    Loin d’être réduit à un simple festival du documentaire, le FID propose des réflexions, comme autant de fenêtres ouvertes sur le monde.

    Hélène Dereppe a aussi réalisé les illustrations de cet article.

    Un film coup de cœur, Machine gun or typewriter ?, de Travis Wilkerson

    par Anna Marcaillou

    Essai fictif aux airs d’autoportrait documentaire. À Los Angeles, un homme engagé, incarné par le réalisateur du film, qui ne veut pas rejoindre de parti politique, trouve dans la création d’une radio pirate un moyen de communication militante, avant de l’utiliser pour tenter de retrouver son amour perdu.
    Il s’y interroge sur la guerre, les colonies, Wall Street, la lutte des classes, et sur les raisons qui poussent les hommes à choisir la guerre plutôt que la parole. Il se questionne à voix haute : « Machine gun or typewriter ? » et reçoit alors un mail anonyme lui répondant : « Machine gun, of course. » L’animateur, intrigué, répond à l’inconnu “I’ve no idea how you found who I was. Of course I reply “who are you" and before receiving an answer I write again :"Meet me." »
    Il tombe instantanément amoureux de la femme qu’il rencontre.
    Le chroniqueur nous raconte l’évolution de leur histoire d’amour en même temps qu’il se remémore les luttes et répressions qu’a vécues la ville. Il raconte comment leur amour se ternit au fur et à mesure que leurs rôles s’inversent. Elle, finalement bien plus engagée que lui, rejoint le mouvement Occupy (visant à occuper des places financières en protestation au capitalisme). Lui, occupé à partager sa vision poétique et pessimiste du monde, s’y refuse par lâcheté.

    Le film est fort dans son tissage d’histoires et d’Histoire, aiguillé par la voix de crooner du narrateur. Son rythme lent, la qualité du monologue au ton décalé et cynique, et la musique hypnotisante forment une bande sonore entraînante sur laquelle le film repose. On pourrait d’ailleurs lui reprocher une forme davantage radiographique que cinématographique. En effet, le travail de l’image s’appuie essentiellement sur des archives ou photos, et se cantonne souvent à de l’illustration. Quelques idées fortes en surgissent néanmoins, avec notamment l’explosion en slow motion d’un bidon d’essence rempli de sang, et à la fin les ralentis sur des images dégradées d’Occupy.
    Le film n’en est pas moins percutant, posant de façon poétique la question de l’engagement.
    En prenant les traits d’un chroniqueur radio engagé qui se révèle être de plus en plus lâche, le réalisateur Travis Wilkerson s’adresse à nous tous, et en particulier aux spectateurs et cinéastes du FID : "Qu’est-ce que l’on dit, et puis qu’est-ce que l’on fait, réellement ?"

    Une expérience nouvelle et en demi teinte

    par Mathilde Besson

    Une expérience nouvelle découverte sans a priori, qui a mélangé au fil de la semaine : étonnements, déceptions, questionnements, surprises et profonds malaises ; tels des montagnes russes. Le FID ne procure aucune énergie constante. Son processus d’accumulation (films, vidéos, documentaires, fictions, expérimentations) est tellement inégal qu’il nous perd. On s’étonne de la mauvaise gestion des différentes catégories et du contexte de leur monstration. Pourquoi s’obstiner à présenter des vidéos d’artistes dans une salle de projection classique alors que leur place est indubitablement dans une salle d’exposition ? Au sein de cette programmation étouffante, la seule source d’oxygène fût l’exposition de la galerie La Compagnie.
    Il semble urgent et nécessaire d’optimiser la pluridisciplinarité du festival dans des lieux et circonstances adaptés pour provoquer une énergie de qualité.

    Un portrait, Claire Hauter

    par Amelia Nanni

    Samedi matin, 11h, terrasse d’un café marseillais.
    Une petite poignée d’étudiants a le plaisir de rencontrer Claire Hauter, réalisatrice de la Nuit de la radio, qui a enchanté nos oreilles la veille, et de sa complice Sophie Gillery, documentaliste à l’INA. Elles ont concocté sur le thème de « l’adieu aux larmes » une heure trente de pépites d’archives qui met le rire à l’honneur.
    Claire questionne : « Qu’est ce que les archives ont à nous dire sur aujourd’hui, comment entrent-elles en résonances avec ce que nous sommes ? » Claire, et Sophie, après une descente en scaphandrier au pays des archives, nous parlent d’une époque où Cocteau rêvait la radio comme un art à part entière, d’une radio forte, créative, qui vous saisit aux tripes, une radio façonnée à la main par des poètes, des chercheurs et non pas encore des gestionnaires, une radio qui avait le temps de se déployer, de s’essayer, de naître (et non pas en 40 heures top chrono), une radio de l’avant-guerre de l’audience, pas encore devenue un outil administré par les grands groupes de presse mais une fin en soi. Mais la résistance est toujours là, et les radios libres, France-Culture, la Scam… en sont les fers de lance, heureusement !
    « J’aime partir d’un thème large qui offre une liberté absolue, ce n’est qu’après une immersion dans la matière que, peu à peu, va se dessiner mon sujet. » La collecte est colossale, le rire n’est pas forcément indexé, et on s’aperçoit vite que les archives ne sont pas impartiales : tout ce qui ne répond pas à des critères de réutilisation historique, de contenu culturel/intellectuel/artistique part aux oubliettes. Claire cherche sur les ondes les accidents : « Le déraillement, où tout d’un coup le réel s’engouffre. Le plus intéressant ce sont les accidents, on s’en fiche de la machine bien huilée ! » Elle construit cet Adieu aux larmes comme un exercice de style. Elle aime casser les rythmes, bousculer, oser la durée… Le rire est un vrai travail d’orfèvre.
    Un an après Ondes de Choc, l’Adieu aux larmes apparaît comme consolateur, et même si, au lendemain de l’attentat de Nice on aurait aimé un peu plus d’engagement politique, de discours, c’est un plaisir délicieux de quitter la solitude des salles obscures du FID pour se retrouver sous les étoiles, ensemble à partager un rire collectif.
    Conclusion : Vive la radio ! Et que les nuits de la radio se multiplient et nous fassent rêver… toute la nuit !

    Un portrait, Patricio Guzmán

    par Lou du Pontavice et Chloé Léonil

    L’œuvre de Patricio Guzmán porte en elle tout le potentiel d’amour du cinéaste.
    Deux éléments fondamentaux de l’Amour les caractérisent :

    Le premier est la fidélité.

    Une des premières phrases prononcées par Patricio Guzmán lors de la masterclass qu’il donnait au FID* a été qu’en tant que documentariste, « il faut se fixer un territoire de travail ».
    En effet, presque toute son œuvre traite de ce même sujet inépuisable : l’histoire du Chili. Il le traite avec le cœur, puisqu’il fut longtemps expatrié à Madrid, puis Cuba et aujourd’hui, à Paris. Raconter l’histoire de son pays semble s’être imposé comme une nécessité.
    Dans la filmographie de Patricio Guzmán, chaque film vient en nourrir un autre. Il est un chercheur : dans chaque film il approfondit sa forme, il creuse dans une recherche sans fin. C’est un sujet qui tend alors vers l’universalité.
    Y-a-t-il plus belle preuve d’amour que d’être fidèle à un sujet ? C’est-à-dire être capable d’accueillir au fil du temps, l’infinité des mouvements qui caractérisent le sujet du Chili, en particulier celui de la dictature de Pinochet. Puis, à partir de ces mouvements recueillis, d’en créer un événement  : un nouveau film.
    Le sujet de l’histoire du Chili est le point d’ancrage de Guzmán. Ce qui le définit en tant qu’artiste. C’est ce qui nous permet aujourd’hui de considérer ses films comme une œuvre.

    C’est aussi pour cette raison que Patricio Guzmán – pour chacun de ses films et en particulier les deux derniers – tisse une trame narrative extrêmement élaborée : « il faut avoir une connexion physique avec le scénario ». À force de traiter d’un sujet, des centaines de connexions adviennent et englobent, non pas seulement l’histoire du Chili mais l’histoire de l’humanité toute entière.

    Et de fait, on distingue deux périodes majeures dans la mise en scène de Patricio Guzmán : de La Bataille du Chili (1974) à Salvador Allende (2004), ses films enquêtent sur la dictature de Pinochet ; il y a une volonté de démontrer, de faire entendre la voix des victimes et comme il le dit lui même, la mise en scène parait plus « sèche ».
    Dans ses deux derniers films, La Nostalgie de la Lumière (2010) et Le Bouton de Nacre (2015), les liens sont plus poétiques, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Il s’intéresse à des zones géographiques précises qui définissent le Chili et où se rencontrent alors l’histoire récente de Pinochet et l’histoire de l’humanité.
    Le spectateur est transporté dans le temps.
    Plus ancien, La Croix du sud (1994) amorce déjà cette forme plus poétique, en traitant cette fois du christianisme, son histoire, ses évolutions et sa place dans l’Amérique Latine.

    Le deuxième élément fondamental de l’amour, est l’écoute de l’autre et l’exigence de l’esprit amoureux à l’accueillir.

    Lors de la rencontre avec Patricio Guzmán, organisée par la Scam pendant le FID, nous parlions du Cas Pinochet dans lequel Patricio Guzmán s’entretient avec plusieurs femmes, victimes de Pinochet. Dans le travail d’un documentaire, il faut, nous dit Guzmán, avoir une écoute absolue de celui qu’on interroge sur son histoire. Dans La Nostalgie de la Lumière, ce sont une nouvelle fois les paroles de femmes qui nous ébranlent. Leurs témoignages sont recueillis avec un respect immense.
    L’esprit qui écoute entraine celui qui raconte dans une méditation où le temps est alors suspendu. La parole est libre et non délimitée par le temps. Nous, spectateurs sommes intimement reliés à cette parole. C’est dans le lien que s’exprime toute la force du cinéma de Patricio Guzmán.

    * En écho au Prix Charles Brabant 2016 pour l’ensemble de son œuvre remis par la Scam, le FID Marseille a proposé un hommage à Patricio Guzmán, complété par une masterclass du documentariste à laquelle ont assisté les autrices de ce billet.

    Un soir de festival

    par Jean Baptiste Maxime

    Dernier jour du festival, cours Julien, nuit, près du centre de Marseille, âmes festives du groupe s’extirpant de la longue semaine vers un dernier verre, une envolée. J’avais encore les images en tête de…-OHpéra Muet-… réalisé par Ueinzz et Alejandra Riera, projeté au Vidéodrome, ombres de personnages marginaux produisant une pièce sans voix, percevant les dérangements sous-jacents d’un territoire trop calme. Pendant notre dernière ronde, deux hommes aguerris et éméchés sont prêts à se faire mal avec une bouteille coupante.

    Une fille à l’accent marseillais débarque dans la mêlée entourée de verre et de fumée, et calme les cris. Elle commence à raconter l’histoire de son grand-père, mort des suites d’un traumatisme dû à la Guerre d’Algérie. Ses yeux pleurent. Elle comprend que la violence de l’instant reproduit la même, vécue plus tôt. Puis son corps se met à crier sur les cons alentours qui allaient se blesser. Elle crie, ses yeux sortent de leurs orbites. Son corps sue. Elle ne peut plus s’arrêter. Comme si une chose était contenue, qui devait se libérer. Son tee-shirt va se déchirer. Elle crie contre elle-même, contre un paysage trop silencieux.

    Un temps de rencontres et de transmission

    par Sébastien Perée

    Le pastis ondule, les glaçons clinquent, les chaises volent sur le sifflement des masses d’air, et attaquent sans discrimination tout corps solidement liquide. Nous sommes dans le Panier, un verre dans la main, une cigarette dans l’autre. Les sons jaillissent de toutes parts, déstabilisent les conversations. De quoi parlons-nous ? De cinéma, bien sûr. Que peuvent faire d’autre des étudiants en cinéma lors d’un festival de cinéma ? Je ne peux évidemment pas n’empêcher de faire quelques blagues vaseuses. Vous n’imaginez pas la jouissance lorsque le dégoût apparaît sur le visage de vos interlocuteurs… Je me surprends moi-même à ricaner malgré la gêne causée par mes dents jaunies par le tabac.

    Il pleut maintenant. Décidément, mon arrivée à Marseille se fait sous le signe du déluge. Les autres sont partis, ils savent tenir leurs limites, moi pas, je ne puise en ce moment que dans l’excès. D’ailleurs, peut-être les ai-je excédés ? Apparemment pas tous, il reste Ronnie, une sorte d’indien à la masse corporelle d’un joueur de rugby. Je ne dis pas indien par racisme primaire, mais parce qu’il me rappelle ces images des livres de mon enfance, le ton imposant et le nez fièrement cassé. Ces images s’animent devant moi. Il me dit qu’il est flamand, le mythe se casse, je navigue en plein exotisme, honte à moi.

    Infidèles aux salles obscures, nous nous réfugions à l’intérieur de la taverne, armés de nos pass du FID, et d’une Chouffe, rappelant fièrement nos origines communes. Je lui fait part de mes doutes face à mon arrivée dans le monde professionnel du cinéma, de mon stress, lié sans doute à mes excès. Nous discutons de pédagogie, de ses filles, sa femme, de la construction d’une vie.

    Des films, j’en verrai bien sûr, peu, mais ce n’est pas la quantité qui importe. Ce qui selon moi est le plus riche dans ce genre d’endroit, ce n’est pas tellement de visionner des films, ça nous pouvons le faire dans bien d’autres lieux. Non, le plus important, ce sont les rencontres humaines. Parler de ses doutes, ses envies, avec ceux qui sont passés par ce même chemin avant nous. C’est la transmission du savoir, mais plus encore, la transmission de l’amour, parce-que sans amour il n’y a pas de rencontre, et sans rencontre il n’y a pas de cinéma.

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  • juin

    Brussels Virtual Reality Festival
    Le 16 juin 2016
    La SACD se positionne dans des domaines porteurs pour les auteurs. La réalité virtuelle est de ceux-là. Vous souhaitez la découvrir/approfondir votre approche ? La SACD vous offre des billets pour le (...)

    Le festival

    La SACD se positionne dans les champs de la réalité virtuelle, afin de vous offrir des opportunités dans ce domaine. En premier lieu : prendre le pouls de ce qui se produit. Du 23 au 26 juin 2016, aux cinémas Galerie et UGC, vous pourrez vous immerger dans ces nouveaux univers au travers d’EXPERIENCE, le premier festival de réalité virtuelle (VR) de Belgique.

    Pour les découvreurs : la Réalité Virtuelle est un ensemble de technologies (programmes, composants, terminaux) visant à donner au spectateur l’impression d’être « ailleurs » : dans un autre lieu, à une autre époque, entouré d’objets ou de personnages qui n’existent pas. Le spectateur n’est plus face à un écran, en train de regarder un film. Il est littéralement plongé à l’intérieur du film ou de la simulation.

    À travers différentes propositions, le festival Experience va offrir au public l’opportunité d’expérimenter ces nouveaux usages et de découvrir la production émergente de films en réalité virtuelle. En présence des professionnels de l’audiovisuel et de réalisateurs, il s’agit également de décrypter les enjeux de ce nouveau secteur, du point de vue artistique mais aussi sur le plan de la production et de la diffusion.

    Le festival sera l’occasion d’une conférence organisée mercredi 22 juin à 18:00 : « Réalité virtuelle et expérience culturelle ».

    La VR n’est pas simplement un film ou un jeu vidéo visionné dans un casque, c’est un nouveau média audiovisuel avec son propre langage et son propre format d’expression. Ce nouveau festival propose de partager des contenus développés par des artistes indépendants.

    Informations pratiques

    @CINEMA GALERIES : Sélection de trois programmes d’images animées.
    @UGC DE BROUCKÈRE : Sélection de trois programmes d’images réelles.

    Du 23 au 26 juin au CINEMA GALERIES et à l’UGC de Brouckère
    De 14:00 à 20:00 – Séances d’une heure

    Vous souhaitez recevoir une place pour le festival ? Envoyez-nous la date et le lieu de votre séance, accompagnée des raisons de votre intérêt à l’adresse mba sacd-scam.be. Nous vous confirmerons la réservation et les modalités de retrait de la place.

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