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La Maison des Autrices

Le projet Maison des Autrices est lancé à l’initiative d’Inès Rabadán et Paola Stévenne, les présidentes des Comités belges de la SACD et de la Scam, et de membres de nos équipes, qui souhaitent réfléchir et s’engager pour renforcer la place des femmes dans le secteur culturel.

 

Parce qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire pour arriver à l’égalité. Parce notre rôle est de contribuer à l’amélioration de la situation des autrices. parce que nous avons dans notre adn la militance et la défense de tous les créateurs et créatrices. Parce que l’union fait la force, et que là encore la SACD et la Scam sont un collectif pouvant agir puissamment là où une personne seule peut se sentir démunie. Parce que nous souhaitons mettre en place un paysage culturel plus égalitaire.

La Maison des Autrices

À la fois laboratoire, label de certaines actions, lieu d’écoute, de recueil de témoignages, espace de débat et de revendications, la Maison des Autrices est un projet multiforme que nous construirons ensemble. Nous lançons aujourd’hui un appel à toutes celles qui voudraient se joindre à nous pour réfléchir, parler, agir.

Voici les deux grands axes de travail imaginés :

L’observatoire des bonnes pratiques

Dans le respect de chacun et la confiance, la Maison des Autrices peut être un lieu de réception des témoignages, mais aussi de mise en place de formations, de réflexion, de concertation et de revendication…

On vise une appropriation collective de ces questions : une prise de conscience du problème et la mise en œuvre d’outils, de moyens et d’objectifs communs.

La défense de la diversité

Nous proposons de mettre en œuvre des actions concrètes pour défendre la diversité et la parité : (dans les jurys, commissions, attribution de fonds, postes à responsabilité, programmation…).

Pour se persuader qu'il y a urgence, relire la brochure édifiante « Où sont les femmes ? » éditée par la SACD France.

En pratique

Si vous êtes intéressées, écrivez nous à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.! N’hésitez pas à préciser ce qui vous interpelle, vous paraît le plus urgent ou à quel type de proposition vous souhaiteriez contribuer. Nous verrons en fonction de vos réponses et réactions quand et comment initier nos actions.

Mais au fait, pourquoi autrice ? relire ici quelques explications éclairantes sur l'histoire de ce mot à lire ci-dessous mais aussi ici, ici encore, ou à écouter là...

Chronique pour la revue « Imagine » n°105, nov-déc 2014, rubrique Question de genre :

Homme et femme quand il lui plaît

« Ma Sophie est homme et femme quand il lui plaît », écrivait Diderot à Sophie Volland. Hommage que j’aurais aimé recevoir au fil d’une de ces correspondances palpitantes qui se sont définitivement asséchées avec l’invention du courriel. « Homme et femme » je le suis quand je crée. L’art n’existe pas à moins, obstinément androgyne, né de ce dur labeur : le mariage des contraires (essayez, vous verrez).

Mais un jour, plus le choix, on m’a nommée « écrivaine ». Ce mot, je l’ai refusé au fil des ans avec obstination. Aujourd’hui un nouveau mot prend son essor au départ d’un constat : que les théâtres, les orchestres, les musées, les comités de lecture sont encore et toujours des fiefs masculins. Me voilà donc subitement devenue « autrice ». Un mot irréprochable car venu du latin « auctrix », défendu dès le Moyen-âge par des personnalités aussi fascinantes que Hildegarde von Bingen et, aujourd’hui, par des artistes sémiologues (1). Adieu donc « écrivaine », ce mot si pénible à l’oreille. « Autrice » c’est plus piquant, plus proche de « créatrice », qui ne fait sourciller personne.


N’empêche. Il a fallu des siècles pour que les femmes conquièrent « une chambre à soi » et par là créent sans entraves. Cette place à peine conquise, nous voilà priées de damer le pion à nos maîtres – nul ne dira ici « maîtresses » – et leur fascinante androgynie. Car comment, ô Virginia, ne pas me montrer solidaire des « autrices » ? Comment, quand on est une « femme à mots » (expression que j’invente, on dit bien « un homme à femmes ») ne pas croire qu’un mot, justement, peut changer la donne ? Je m’incline donc. Ceci dans l’espoir de faire avancer le schmilblick. Mais je préférerais être schmilblick, justement. Pour ne pas froisser les transgenres. Et par fidélité à un lieu qui n’est pas celui de l’épouse, de la mère ou de la militante. Un lieu où je m’échappe et qui échappe aux genres. Oui, homme et femme quand il me plaît. Et même oiseau, et tigre, et pivoine, et iceberg.

Caroline Lamarche

 

(1) Aurore Evain, Histoire d’autrice de l’époque latine à nos jour, revue Sêméion, université Paris Descartes, 2008. http://www.siefar.org/docsiefar/file/Histoire%20d'autrice%20-%20A_%20Evain.pdf