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“Il faut un refinancement généralisé de la création et de la production”

go En amont de la présentation publique du Bilan 2017 du Cinéma, La Libre Belgique a interviewé Luc Jabon, réalisateur, scénariste, ancien Président du Comité belge et Président de Pro Spere. Nous reproduisons ici cet entretien, publié le 22 mars 2018.

 

« Luc Jabon, réalisateur et scénariste, est le président de Pro Spere, la Fédération des professionnels de la création audiovisuelle. À quelques heures de la présentation publique du bilan 2017 du Centre du cinéma, il a également listé pour “La Libre” une série de dossiers prioritaires dont il fera part ce jeudi.

“Cette année, le bilan est assez particulier, souligne d’emblée Luc Jabon, parce qu’en même temps que l’on va discuter de la situation du cinéma et du secteur audiovisuel se prépare une réforme générale des instances d’avis, qui est préparée par la ministre de la Culture Alda Greoli (CDH) et qui est en discussion au Parlement. On ne peut donc pas ne pas intervenir sur cet épisode qui pourrait transformer très fortement notre secteur.”

Pourquoi ?

Primo, “pour l’instant cet avant-projet est discuté entre experts et politiques, et le secteur, à ma connaissance, en tout cas ni l’UPFF ni le Pro Spere, n’a été consulté, ce qui est regrettable. Car comment imaginer un changement des instances d’avis sans demander l’avis de ceux qui en sont à la fois les protagonistes et ceux qui vont recevoir ou pas les aides?”
Secundo, “nous devons pouvoir nous concerter avec tous ceux qui sont occupés à réfléchir à cette réforme pour pouvoir apporter notre part. Ce qui va au delà de notre avis, insiste M. Jabon, car comme nous faisons partie de ces instances, nous savons très bien ce qui va et ce qui ne va pas dans ces instances”.
Un dossier “essentiel”, parce que “notre obsession est que les conditions d’accès à la création et la production des oeuvres restent les plus démocratiques possible”.

De 250 à 500 demandes d’aide

M. Jabon est toutefois bien conscient du “besoin” de cette réforme car le nombre de dossiers déposés auprès des différentes commissions “a explosé”. “On est, globalement, passé de 250 dossiers déposés il y a une dizaine d’années à 500 aujourd’hui, tous secteurs confondus dans l’audiovisuel.”

Une forte croissance qui impose, selon M.Jabon, de poursuivre la tenue des réunions plénières –“qui permettent de rediscuter d’un point de vue global et pas du point de vue parcellaire d’une commission”– ainsi que des auditions de celles et ceux qui introduisent sur dossier une demande de subvention. Autant de paramètres qui touchent à “l’accompagnement d’un projet”. Par ailleurs, estime-t-il, “si l’on accepte d’un point de vue de vision politique qu’il y ait plus de projets aidés, cela suppose évidemment un refinancement généralisé de la production et de la création. C’est inévitable”.

Enfin, concernant plus particulièrement la commission de sélection des films, si M. Jabon se félicite que “beaucoup a été fait pour la production”, en revanche, “le bât blesse en termes d’aide à la création et au développement des écritures pour les scénaristes et les cinéastes; le système fonctionne, mais il n’est pas à la hauteur de ce qu’il devrait être”. »

Thierry Bolain

 

Article initialement publié dans La Libre Belgique du 22 mars.

Image : Luc Jabon, interpellant la ministre de la culture Alda Greoli lors des questions/réponses à l’issue du Bilan du Centre du Cinéma, le 22 mars 2018 - © Pro Spere.

 

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