Lundi en Coulisse de la SACD

Date : 2018-11-12 14:00
Date de fin : 2018-11-12 18:00
Lieu : MEDAA
Lundi en Coulisse de la SACD

Entrez dans les coulisses du théâtre ! Les Lundis en coulisse permettent de découvrir trois textes dramatiques contemporains inédits, sélectionnés ici par Sylvia Botella pour une séance #showcaseeuropeandramaturgy & +, Ces textes seront lus à voix haute... par vous, public. Chauffez-vous la voix !


 


Au programme

#showcaseeuropeandramaturgy & +

Les textes :

. Les Lois, de Christina Ouzounidis
. Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, de Gurshad Shaheman
Simon et la Méduse et le Continent et Spoken Word Tragedy, de Louise Emö

En savoir plus sur :

. la passeure, Sylvia Botella
. les Lundis en Coulisse
. les infos pratiques et modalités de réservations

 

#showcaseeuropeandramaturgy & +

Être critique pour divers types de médias – presse écrite, revue spécialisée, radio et télévision – de la Belgique à l’Europe, en passant par les États-Unis jusqu’en Chine, m’a permis de me positionner et de faire des choix. Il est important de comprendre qu’être critique ne signifie pas seulement « écrire » ou « oraliser ». Il est nécessaire de réfléchir sur ses choix et savoir pourquoi on souhaite mettre au jour cette œuvre en particulier. C’est donc prendre un risque (ou responsabilité) en s’engageant sur le travail d’un.e artiste qui vous émeut profondément. C’est se laver les yeux, regarder l'œuvre, humblement, la lire, l’analyser et l’interpréter dans son contexte afin de mieux saisir sa contemporanéité. Le défi est grand car la critique nécessite une exigeante spéculation sur ce qu’apporte une œuvre à son temps.

Et c’est ce que je fais ici en vous proposant de découvrir, uni.e.s dans la diversité, des écritures européennes, plastiques, politiques qui font affleurer ce que nous raconte le monde, aujourd’hui. Et demain ?!

(…) Ce qui me fascine ce n’est pas tant la création elle-même que cet éclat particulier, qu’elle renvoie : notre puissance et nos manques. Souvent, les œuvres me laissent interdite, la pensée pulvérisée. Les artistes possèdent une majesté qui me désarme, souvent. C’est cette part là qui me sauve de toutes les salissures et de toutes les confusions. Et c’est cette part là que je désire tant partager avec d’autres parce que comme me l’a rappelé un jour avec justesse Edgar Morin lors d’un entretien qu’il m’a accordé : « Le renoncement au meilleur des mondes n’est pas le renoncement à un monde meilleur ». Les artistes n’y renoncent pas. Je n’y renonce pas.

Enfin, parce que la Maison des Auteurs est notre hôte, j’aimerais citer les mots du poète René Char : « impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront ». Je me suis habituée à vous. Et vous, peut-être un peu à moi »,

Discours (extrait), Sylvia Botella, Remise des Prix SACD- Scam, Bruxelles, décembre 2017

Les Lois, de  Christina Ouzounidis (Suède)

Titre original : Lagarna (2010)
Traduit du suédois par Esther Sermage (2012) – Maison Antoine Vitez
Création 2010 au Teater Galeasen, Stockholm, Suède
Genre : théâtre philosophique
En 15 parties
3 personnages

Biographie

Née en 1969, autrice dramatique et metteuse en scène, Christina Ouzounidis est l’une des fondatrices du Teatr Weimar de Malmö, un collectif d’arts de la scène dont le domaine d’activité s’étend du théâtre aux arts plastiques, en passant par la poésie et la musique contemporaine. Ouzounidis a obtenu le diplôme d’écriture dramatique de l’Institut de théâtre de Malmö, où elle est désormais enseignante et chercheur. Elle vit actuellement à Stockholm. Elle écrit et met en scène tant pour son propre théâtre que pour des institutions comme le Théâtre de la ville de Stockholm, le Théâtre dramatique royal et la Radio suédoise. Elle a également réalisé des installations visuelles et sonores.
Particulièrement attirée par les nouvelles écritures poétiques, elle a adapté pour la scène des textes d’Ida Börjel, d'Helena Eriksson et de Martin Högström, jeunes poètes d’avant-garde. Son travail le plus récent dans le domaine de la poésie a été programmé au musée d’art de la ville d’Ystad en 2010. Elle a reçu la bourse Henning Mankell en 2009, le prix Alfhild en 2010 et le prix du journal Expressen en 2010 également.
La pièce Lagarna (Les Lois) a participé à la biennale de théâtre de Gävle en 2011. Ouzounidis écrit actuellement pour le Théâtre de la ville de Göteborg et le Théâtre dramatique royal. Une collaboration avec la compositrice Kim Hedås est en cours.


Résumé

Le point de départ des Lois est l’histoire d’Iphigénie, sacrifiée par son père afin que le vent souffle dans les voiles de ses navires. Trois comédiens prétendent obstinément qu’ils ne sont pas Iphigénie, Agamemnon et Clytemnestre.
Comme souvent, Ouzounidis manie la répétition, la négation et l'assertion pour mieux révéler la superficialité du langage, la violence des mots, le mensonge. La persévérance dans le déni dévoile l’emprise de la parole sur les actes des personnages et sur leur perception d'eux-mêmes. Le cadre tragique pose les questions de la culpabilité et du sacrifice. Dans Les Lois, il s’agit pour une famille, en particulier les femmes, de se libérer des pactes silencieux, des non-dits, des attentes que les trois membres projettent les uns sur les autres.
La pièce raisonne sur le bien et le mal, les actes et les intentions, la possibilité pour un être humain de créer sa propre réalité.


Regard du traducteur 

« Dans le théâtre de Christina Ouzounidis, le verbe, non content de devenir chair, est muni de pieds pour rendre les coups. Les lois est construite comme un temple grec – austère, classique. Sa composition, musicale, est soumise aux lois qui régissent les planches depuis des millénaires. Mais en se plaçant au cœur du langage et de son architecture, l’écriture d’Ouzounidis sape de l’intérieur les lieux communs, les préjugés et les rapports de pouvoir sur lesquels repose l’édifice. Depuis la petite scène expérimentale du Teatr Weimar à Malmö, pas à pas, Christina Ouzounidis fait une entrée remarquée dans le monde du théâtre contemporain, dont elle est l’une des voix les plus originales.

(Avis du jury du prix Expressen remis à Christina Ouzounidis en 2010.

 

Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, de Gurshad Shaheman (France / Iran / Belgique)
Création / Festival d’Avignon (2018)

Biographie

Artiste associé au CDN de Normandie-Rouen et accompagné aussi par le Phénix, scène nationale de Valencienne dans le cadre du Campus du Pôle Européen de la Création, Gurshad Shaheman vit à Bruxelles depuis septembre 2014. Il a été formé à l’Ecole Régionale d’Acteur de Cannes et Marseille (ERACM). En tant qu’acteur, assistant à la mise en scène ou encore traducteur du persan, il a notamment collaboré avec Thierry Bédard, Reza Baraheni, Thomas Gonzalez, Perrine Maurin ou encore Gilberte Tsaï.
Depuis 2012, il écrit et crée ses propres spectacles. Sa trilogie Pourama Pourama, citée parmi les 5 meilleurs spectacles de 2015 dans Les Inrocks, sera repris en janvier 2019 au théâtre de Liège. Le texte est édité aux Solitaires Intempestifs.
Lauréat 2017 du prix Hors les Murs de l’Institut français, il est parti à Athènes et à Beyrouth à la rencontre de réfugiés LGBT afin de récolter leurs récits de vie. Cette enquête a donné lieu au spectacle Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, coproduit par le Théâtre de Liège et créé au festival d’Avignon 2018.
À Bruxelles, on a pu le voir performer aux Beursschouburg lors des cabarets Bas Nylons aux côtés de Jean Biche. En tant que pédagogue, il intervient à l’ERACM, dans divers conservatoires en France, ainsi que dans l’antenne belge du Cours Florent à Bruxelles.

Résumé

Véritable oratorio théâtral, Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète fait se rencontrer, de manière performative, paroles d’exilés, jeunes comédiens et composition électro-acoustique.
À la suite de nombreux entretiens avec des personnes fuyant pour des raisons identitaires, politiques, les guerres ou les intolérances de leurs pays, le franco-iranien Gurshad Shaheman a réalisé avec le créateur sonore Lucien Gaudion une œuvre scénique singulière.
Une quinzaine d’acteurs partagent une parole qui circule à travers la salle, récusant toute mise en scène réaliste. Un partage des récits et des fragments de vie qui transforme l’espace en labyrinthe sonore. Le spectateur assiste à l’expression de la présence, où tout geste, même infime, est essentiel et accueille ces existences, ces traversées prises entre violence et amour, corps torturés et corps aimés.
Avec ce nouveau spectacle, Gurshad Shaheman affirme un art de la perception et du témoignage où le théâtre passe par les sens.
Texte à paraître aux éditions Les Solitaires intempestifs, juillet 2019.

 

Critique

Gurshad Shaheman, Botella Sylvia in Mouvement.net , juillet 2018 : http://www.mouvement.net/critiques/critiques/gurshad-shaheman

 

Simon et la Méduse et le Continent et Spoken Word Tragedy, de Louise Emö (France Belgique)

Spoken Word Tragedy

- Une fresque chorale, une frasque colossale -

Mettre en place une machine à se débarrasser des notions qui nous entravent avec les inconnus que l’on croise dans la rue et à qui l’on s’adresse le soir sur scène. Pas à pas se tisse la toile des voix et des visages rencontrés sur le trajet. Dans chaque lieu, on joue une prestation différente autour de ces MOTS TROP GRANDS
L’objet : la parole de l’autre, recueillie, restituée, reliée.
L’effet : performatif, direct, cathartique.
Le motif : parler vite et bien pour ne pas mourir statique et demain.
Destinataire : tout un chacun.
À l’heure de l’ubérisation de la relation, la Spoken word tragedy vise à remettre le lien physique, In Real Life, au cœur du fictionnel.


Simon et la Méduse et le Continent

- L’enfance, la folie et le système -
Simon n’est pas un enfant comme les autres. Simon nous ment car il se soucie du vrai. Au milieu de sa mère, son ami imaginaire, sa psychologue et sa méduse, il n’aspire qu’à une chose : la découverte du continent inexploré. Avec cette pièce-manifeste,
la jeune compagnie met en bouche et en corps
un déferlement et
un délitement de la langue à mesure que l’enfant doit grandir et rentrer dans le “rang”. Dans un débit effréné, le texte de Louise Emö qui torture le langage et déstabilise toute logique est porté avec intelligence et vitalité par Simon Vialle.


Biographie

Louise Emö est autrice, metteuse en scène, traductrice et slameuse. Après une formation en lettres et en langues (classes préparatoires et École d’interprètes et de traducteurs de Paris), Louise Emö intègre l’Insas (Bruxelles) en master Écritures. Rencontre avec le slam à quatorze ans.
Côtoyant le rap et entretenant un rapport pointilleux à la langue, elle cherche, avec le collectif –manifeste franco-belge la PAC (La Parole au Centre) à faire coexister des formes d’art de la parole, sur un plateau, de façon scénique et conflictuelle, puriste et urbaine

Sylvia Botella

Sylvia Botella vit et travaille à Bruxelles. Après des études en droit public au Panthéon Sorbonne et en Études théâtrales à Sorbonne Nouvelle, elle suit une formation professionnelle en Techniques de Gestion d'entreprises culturelles à l'AGECIF à Paris. Elle est de 2003 à 2011, Responsable de production et diffusion entre la France, la Belgique et l'Europe de l'Est et, de 2010 à 2015, Responsable des publications et Rédactrice en chef de la revue Scènes à La Bellone à Bruxelles.

Critique indépendante en arts actuels, elle collabore avec des médias belges et internationaux : télévision (Jour de Relâche – La Trois & Auvio/RTBF ; In the Moon for Avignon – La Trois & Auvio/RTBF et TV5 Monde) ; web (Portail Culture/RTBF ; Mouvement.net) ; presse écrite (l’Echo) ; radio (Les Glaneurs – Musiq’3/RTBF ; Les Quenouilles/Radio Panik) ; revues spécialisées (Nouvelles de danse ; W+B – Wallonie-Bruxelles International ; L'Art Même ; Mouvement ; ADC ; West Kowloon Cultural District Hong-Kong ; HowlRound, etc.).
Depuis 2012, elle est Assistante chargée d'exercices en Master en Arts du Spectacle vivant à l'Université libre de Bruxelles. Elle est conférencière en écoles d’art (IAD, etc.).

Expert reconnue dans les arts de la scène (théâtre, danse, cirque, opéra, performance, etc.) et ses divers croisements avec les autres arts (cinéma, littérature, musique, arts visuels, mode ou architecture), elle est rapporteure de colloques internationaux et, anime et participe à des débats sur les arts et les politiques culturelles. Elle a été notamment expert « spectacle vivant » auprès du Centre du Film sur l’Art à Bruxelles. Elle est, depuis 2013, membre du comité des conseillers de programmation du Théâtre des Doms, pôle Sud de la Belgique francophone à Avignon.

En 2017, elle reçoit le Prix SACD « mention spéciale » pour « son travail de critique, engagé et passionné, et ses multiples activités de médiation et sensibilisation à la création artistique, nationale et internationale ».


Les Lundis en coulisse

Le lundi, jour traditionnel de relâche dans les théâtres, les professionnels du spectacle peuvent se consacrer à d’autres choses qu’aux représentations – par exemple à la découverte de nouvelles pièces non encore éditées ou jouées.

C’est justement ce que proposent Les lundis en coulisse aux artistes de la scène, mais aussi à tous les amateurs de théâtre ! Venez découvrir par la lecture à haute voix de larges extraits de trois pièces fraichement écrites. Vous découvrirez combien cette approche spontanée s’avère être tout aussi captivante pour ceux qui prennent part à la lecture que pour ceux qui l’écoutent ! Si la découverte d’une pièce par une lecture à haute voix est, certes, un défi, il s’avère que cette démarche est tout aussi passionnante pour ceux qui s’y aventurent que pour ceux qui l’écoutent…

Le choix des pièces incombe pour chaque séance à un professionnel du théâtre, de l’écriture, de l’édition ou de la traduction, qui souhaite partager sa passion pour les écritures dramatiques d’aujourd’hui.

Les Lundis en coulisse s’adressent aux professionnels du spectacle, mais aussi aux amateurs curieux de nouvelles pièces. Et si vous souhaitez approfondir cette lecture, le Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles met les textes des nouvelles pièces belges à la disposition de chacun !

Le dispositif des Lundis en coulisse existe depuis 2002 à Lyon où il a été inventé par Gislaine Drahy, metteure en scène et directrice du Théâtre Narration. Il a été repris par le Théâtre de l’Aquarium à Paris en 2009/10 et par la jeune Compagnie Les Encombrants à Dijon en 2013/14. Nous remercions Gislaine Drahy de nous avoir permis d’organiser ces séances conviviales et enrichissantes en Belgique.

Les Lundis en Coulisse en Belgique, une initiative de Silvia Berutti-Ronelt, en coproduction avec ARTS2 - Conservatoire Royal de Mons, l'Atelier Théâtre Jean Vilar et le Centre d'études théâtral de l'UCL à Louvain-la-Neuve, le KVS, le Rideau de Bruxelles, la SACD, le Théâtre Liège, le Théâtre des Martyrs, le Théâtre National Wallonie Bruxelles et le Théâtre Varia. En partenariat avec le Centre d'Écritures Dramatiques - Wallonie Bruxelles.

 


En pratique

La séance aura lieu à la MEDAA (rue du Prince 87, 1050 Bruxelles), le lundi 12 novembre, de 14 à 18h.

L’entrée est libre mais la réservation est souhaitée.

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En pratique

Date : 2018-11-12 14:00
Date de fin : 2018-11-12 18:00
Lieu : MEDAA