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Nouvelle Gouvernance culturelle : des espoirs et des défis

Le décret sur la Nouvelle Gouvernance culturelle vise entre autres à opérer une refonte en profondeur des instances d’avis et renforcer la transparence et l’impartialité, ce qui suscite des espoirs et reste un défi. Voici une synthèse sur le sujet, en 4 questions de Flora Eveno à Frédéric Young, Délégué général de la SACD et de la Scam.


Concrètement, qu’est-ce que la Nouvelle Gouvernance va changer dans le paysage culturel ?

L’essentiel sera de renouveler les personnes qui siègent depuis trop longtemps dans les instances d’avis, de respecter la parité et de donner une plus grande place aux créateur·trice·s et artistes en leur sein. L’organisation d’un Conseil Supérieur de la Culture qui traitera de sujets transversaux comme la précarité sociale des artistes et la mise en place d’une chambre de recours sont deux autres changements positifs.

Les commissions d’avis passent d’une trentaine à sept, est-ce que chaque secteur sera bien représenté ?

L’enjeu principal ici sera de trouver des représentant·e·s de qualité capables d’apporter une vision et de la compétence sur un champ plus vaste. Les instances travailleront en formations spécialisées et ce sera à elles de s’organiser pour gagner en largeur de vue sans perdre leur acuité.

Pourquoi est-ce important pour les auteurs et autrices de faire partie de ces commissions ?

Leur présence y est cruciale tout comme celle de leurs élu·e·s dans les Conseils d’Administration des associations professionnelles et sociétés d’auteurs. C’est là que l’on réfléchit à la création, à la promotion, aux carrières, aux échanges internationaux, aux relations concrètes avec les institutions. Dans les chambres de concertation sectorielle et au sein du Conseil, il faudra pointer la nécessité d’une politique artistique en complémentarité des politiques socio-culturelles existantes et inscrire les droits des créateur·trice·s et artistes au cœur des droits culturels.

Est-ce que la Nouvelle Gouvernance est une bonne avancée pour les auteurs et autrices ?

La réforme décrétale est une bonne étape : il s’agit du fruit d’efforts collectifs auxquels les auteurs et autrices ont largement participé. Il faut rappeler que dans certains secteurs artistiques, leur position est devenue éthiquement et professionnellement inacceptable. Les instances d’avis actuelles n’ont pas pris en compte la précarité et le manque de considération dont ils·elles sont victimes. Il fallait clairement initier un changement. Les résultats dépendront maintenant des rapports de force politiques.
Le manque d’attention, pour ne pas employer d’autres termes, porté à la condition et aux réalités sociales des artistes est encore plus patent lorsque l’on considère l’attitude de l’Administration de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles au sujet du régime fiscal des défraiements versés aux expert·e·s siégeant dans ces instances d’avis.
Ceci rend d’autant plus urgente l’élaboration d’une nouvelle approche dont seule une intense concertation garantira la pertinence.



Pour aller plus loin

. Retrouvez l'ensemble du sommaire de ce numéro 7 du Magazine des Auteurs et des Autrices, "Donner à voir le son".

. Voir nos recommandations au sujet de la rémunération des membres des instances d'avis

. La Nouvelle Gouvernance culturelle a été adoptée le 28 mars 2019 par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle met en place un Conseil Supérieur de la Culture, 7 Commissions d’avis, 7 Chambres de concertation sectorielle et une Chambre de recours.
L’appel à candidatures a été prolongé jusqu’au 30 septembre et les nouveaux·lles membres devraient être connu·e·s prochainement.
www.federation-wallonie-bruxelles.be